Ecran de la terreur

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LE 7ème VOYAGE DE SINBAD “LA CRITIQUE”

Sinbad  le marin appelé aussi Sindibab en persan, est le nom d’une fable perse qui narre les aventures d’un marin de la ville de Bassorah du temps de la dynastie  des Abassides. Durant ses voyages à travers les mers de l’Est  d’Afrique et du Sud  de l’Asie, Sinbad va vivre de nombreuse aventures fantastiques. Ses péripéties seront basées sur des véritables histoires, mais aussi sur des textes de sources  diverses ainsi que de nombreuses légendes perses et indiennes. Le premier film basé sur le personnage de Sinbad est la version d’Edgar Wallace en 1947 : “Sinbad le marin” avec Douglas Fairbanks Jr et Maureen O’Hara. Lorsqu’en 1958, Nathan Juran est à la tête d’un éventuel film sur Sinbad, il a derrière lui 5 films dont 3 fantastiques : “Le mystère du château noir” avec Boris Karloff et Lon Chaney Jr, “La mante religieuse” (1957) avec Craig Stevens et “A des millions de kilomètres de la terre” (1957) avec William Hopper. 

Nathan Juran fait appel  à Ken Kolb (14 Juillet 1926) un scénariste dont la carrière prolifique d’écrivain éclata au petit écran où l’on retrouvera son nom dans une multitude de séries télévisées comme : “Le cheval de fer, Hawaï police d’état, Les mystères de l’ouest, Shaft, La grande caravane, L’homme de fer, Dr Kildare, L’homme à la carabine, Aventures dans les îles”. Pour le scénario du “7ème voyage de Sinbad”, Ken Kolb se penche sur les contes des “Mille et une nuits” qui présentent les aventures de Sinbad sur 7 voyages. Le scénariste retiendra le deuxième et le troisième voyage où apparaissent les oiseaux gigantesques et le cyclope. Tout le reste, la Princesse Parysa, le magicien Sokura et le génie Barani ne seront issus que de sa pure imagination. Pour son film, Nathan Juran retrouve son ami Ray Harryausen avec lequel il avait travaillé pour “A des millions de kilomètres de la terre”. Celui-ci va créer le célèbre “Dynamation”. La particularité de ce procédé  réside à mixer des miniatures dans des séquences de prise d’action réelles.  Grace à son talent, à son génie et sa conception d’effets visuels, Ray Harryahausen met sur la sellette toute une panoplie d’adorables créatures : cyclope haineux, danseuse  aux quatre bras et à la queue de serpent, dragon et oiseaux géants à deux têtes, squelette armé d’un sabre, génie malicieux, la Princesse réduite à l’état d’une poupée… Ce florilège d’images colorisés aux tons accrus épousent magnifiquement bien la musique signé par Bernard Hermann. Si le générique nous fait ressentir les saveurs de l’Orient, par la suite la musique percutante de son auteur renforce les images d’actions à l’aide de percussions et de cuivre. A noter que Bernard Hermann composera lors de la séquence du duel entre le squelette et Sinbad, une musique macabre aux sons de castagnettes et de xylophone. 

Le tournage va se faire en Espagne à l’Alhambra à Grenade, aux grottes d’Arta à Majorque et aux alentours de Madrid. On tournera aussi à Costa Brava et à la plage de s’Arago. Pour le vaisseau de Sinbad, le producteur Charles S. Schneer aura l’autorisation d’utiliser la réplique du bateau de Christophe Colomb : “Le Santa Maria”  ancré au port de Barcelone. Les scènes avec le cyclopes seront filmées sur la plage de s’Arago. La séquence la plus remarquable  qui restera un véritable morceau d’anthologie sera l’affrontement entre le squelette et Sinbad. Pour cette scène, Ray Harryausen se servit de l’acteur Kerwin Matthews et de son maître d’arme : Enzo Musumecci Greco qui allait remplacer le squelette pour le combat. La chorégraphie devait être mise au point avec une minutie pointilleuse afin que lors de la projection, le public ne s’aperçoit pas de la transparence entre Sinbad et le chevalier de la mort. Le tournage du film débute le 12 Août 1957 pour s’achever le 7 Mai 1958 en ce qui concerne les séquences extérieures. Il faudra ajouter 6 mois supplémentaires pour les effets spéciaux réalisés à Londres. Coût total du budget : 65.000$. 

La carrière cinématographique de Nathan Juran prend naissance avec un poste de décorateur qu’il aborde en 1942 avec le film “The gentlemen from West Point”. Cette même année il obtient un oscar pour son travail remarquable pour le film de John Ford : “Quelle était verte ma vallée”. Un autre récompense suivra en 1947 avec “Le fil du rasoir” d’Edmund Goulding. Ensuite, il devient metteur en scène et réalise 3 westerns avec Audie Murphy : “Le tueur du Montana” et “Qui est le traître” tous deux datant de 1953. La même année, il dirige Ronald Regan dans “Quand la poudre parle”.

Dans le cinéma fantastique, il réalise un peit bijoux : “Jack le tueur de géant” en 1961 où il reprend ses deux acteurs fétiches : Kerwin Matthews et Torin Tatcher. Dans le domaine de la science fiction, il est l’auteur du film “Le cerveau de la planète Arious” en 1957, “L’attaque de la femme de 50 pieds” (1958) et l’inestimable “Les premiers hommes dans la lune” en 1964. Pour le petit écran, il réalisera quelques épisodes de la série d’Irwin Allen : “Au coeur du temps”. Il mettra en scène son dernier film : L’homme qui criait au loup” avec Kerwin Matthews.

                                                                                                              Les protagonistes

On ne pourra pas dénigrer le charme oriental qui se dégage de l’actrice Katryn Grant dans la peau de la Princesse Parisa. Née le 25 Novembre 1933 à Houston, elle débute en tant que chanteuse avant de devenir l’épouse Bing Grosby. Elle apparaît sur le grand écran en 1955 dans le film de Phil Carlson : ” The Phoenix city story” avec John MacIntire et Richard Kiley. Sa carrière cinématographique s’étendra sur quelques années : L’extravaguant Mr Cory”en 1955 de Blake Edwards, “Le bal des cinglés” en 1957 de Richard Quine avec Jack Lemon, un film de science fiction en 1957 de Fred F. Sears : “La nuit où le monde explosa”, “Le cirque fantastique” de Joseph Neuman en 1959 avec Victor Mature et Rhonda Flemyng, “Autopsie d’un meurtre” (1959) d’Otto Preminger avec James Stawart et Lee Remick. Son rôle le plus important restera celui de la Princesse Parisa.

Le beau ténébreux de service qui va conquérir le coeur de la Princesse Parisa et vaincre tous les périls inimaginable de cette incroyable épopée est incarné par Kerwin Matthews (8 Janvier 1926 à Seattle – 5 Juillet 2007 ) San Francisco). Après des études au Lycée de Janesville et à l’Université de Béroit dans le Wiscontin, il embrase une carrière d’enseignant avant de se jeter dans l’univers du 7ème art avec un premier film en 1955 :”On ne joue pas avec le crime” de Phil Karlson. Spécialisé dans les films fantastiques “merveilleux” comme “Le 7ème Voyage de Sinbad”, “Les voyages de Gulliver” où “Jack le tueur de géant”, il a incarné le célèbre personnage de OSS117 imaginé par Jean Bruce, dans deux films signés par Andé Unebelle : “OO117 de déchaîne” en 1963 et “Banco à Bagkok pour OSS117” (1964). Il sera aussi le non moins célèbre “Le Vicomte” (imaginé aussi par Jean Bruce) dans “Le Vicomte règle ses comptes” de Maurice Cloche en 1967.  Nathan Juran le reprendra pour son film “The boy who cried werewolf” en 1973. Son dernier film restera “Cauchemar sanglant” de John Stanley en 1977. Citons aussi qu’il a été un acteur jouant au sein de la Hammer Films avec deux bandes : “L’attaque de San Cristobal” de John Gilling en 1962  et “Maniac” de Michael Carreras en 1963.

Le méchant de service n’est autre que l’excellent acteur anglais : Torin Tatcher (18 Janvier 1905 – 4 Mars 1981). De son vrai nom Torin Herbert Eskine Tatcher, il a étudié au collège d’art dramatique royal de Londres. Il fait ses débuts d’acteur sur les planches du théâtre Old Vic en interprétant des pièces de William Shakespeare. Au cinéma il joue son premier rôle dans le film “General John Regan” d’Henry Edwards en 1933. Acteur reconnu il tournera sous la direction de Robert Siodmak, Henry Hattaway, David Lean, George Marshall, Robert Wise, Billy Wilder et Raoul Walsh. Il participera au petit écran à plus de 50 épisodes pour les séries : “Les incorruptibles, Mission impossible, Au coeur du temps, Alfred Hitchcock présente”.

Tout comme son frère Robert Eyer (1948 – 2001), Richard Eyer (6 Mai 1945)  a été un enfant acteur de l’époque des années 50. A l’âge de 12 ans, il joue un orphelin dans un épisode de la série “Playhouse”. Sa carrière au grand écran fut de courte durée, puisqu’elle se termina avec ce “7ème voyage de Sinbad” où tout cinéphile et amateur du genre, n’oublira pas sa prestation du génie Barani. Richard Eyer apparut aussi dans un film de science fiction “The invisible boy” d’Herman Hoffman avec Philipp Abbott où il joue aux côtés du Robot Robby de “Planète interdite”. Ses autres apparitions : “The desesperate hours” de Billy Wilder en 1954 avec Humphrey Bogart et Frederic March, “Fort Dobbs” (1958) de Gordon Douglas avec Clint Walker et Virgina Mayo, “Johnny Rocco” de Paul Landres avec Stephen MacNally et Coleen Gray (1957), “La loi du seigneur” de William Wyler avec Gary Cooper et Anthony Perkins en 1956. Mais c’est à la télévision où depuis les années 60, il fut présent dans de nombreuses séries comme : “Au nom de la loi, Rawhide, Gunsmoke, Red Skelton show, Dr Kildare, Lassie, Climax…”

“Le 7ème voyage de Sinbad” coûta la modeste somme de 65.000$ et et reçut en 1959 le Prix Hugo décerné à Nathan Juran, Ken Kolb et Ray Harryhausen. D’autres aventures produites par la Columbia furent érigées en 1974 et 1977 avec “Le voyage fantastique de Sinbad” de Gordon Hessler avec John Philipp Law et “Sinbad et l’oeil du Tigre” de Sam Wananaker avec Patrick Wayne. Mais ces deux films aux effets spéciaux réussis, n’atteignirent pas la beauté et la magie du “7ème voyage de Sinbad”. 

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