Ecran de la terreur

Bienvenue en compagnie des olds movies…

UNE GUILLOTINE POUR DEUX 1965 -LA CRITIQUE-

De son vrai nom John William Cann (21 Septembre 1920 à Louisville – 11 Février 1194 à Los Angeles), William Conrad débuta en 1946 dans le nom moins célèbre film signé Robert Siodmak : “Les tueurs” dans le rôle d’un des deux gangsters chargés d’abattre Burt Lancaster. Par la suite il apparaîtra  dans des rôles du même type dans deux autres popars : “Body and soul” de Robert Rossen (1947) et “Raccrochez c’est une erreur” d’Anatole Litvak en 1948.

Après avoir animé des émissions radiophoniques, il se tournera vers la télévision et c’est là qu’il va accéder à une gigantesque côte de popularité en interprétant le célèbre inspecteur Frank Cannon en 1971, une série télévisée qui perdurera jusqu’en 1976 totalisant ainsi 124 épisodes. On le retrouvera par la suite dans un autre feuilleton de 14 épisodes : “L’homme à l’orchidée”  où il incarne le détective Nero Wolfe en 1981. Il endossera aussi le rôle du procureur John Mac Cabe pour une série débutée le 26 Septembre 1987 qui s’achèvera en Mai 1992 soit 106 épisodes : “La loi c’est la loi”.

Ayant plusieurs cordes à son arc, William Conrad passe à la mise en scène à l’orée des années 60 pour le petit écran en signant quelques épisodes de “Klodike, Temple Houston, Route 66, Sunset Strip, Rifleman”. Durant ces années là, plus exactement en 1965, il réalise “Une guillotine pour deux” dont le scénario se révèle pour être du grand guignol! Pour cela, deux scénaristes qui oeuvrent essentiellement pour la télévision sont les exécuteurs du scénario! Le premier est Henry Slesar (12 Juin 1927 – 2 Août 2002) dramaturge et écrivain, il est connu pour avoir écrit des histoires criminelles qui seront adaptées par Alfred Hitchcock pour sa série : “Alfred Hitchcok présente”. Il obtiendra en 1960 le Prix Edgar A. Poe  pour son roman “The gray Flannel shroud”. Au cinéma son nom apparaîtra  dans trois films : “Terror from year 5000”  de Robert Gurney Junior (1958), “Les yeux d’Annie Jones” de Réginald Leborg  en 1962 et “Crimes dans la Rue Morgue” en 1971 de Gordon Hessler. Le deuxième co-scénariste est John Kneubuhl (2 Juillet 1920 – 20 Février 1992) qui écrira des divers scénarios pour “Mannix, Star Trek, Le fugitif, Les envahisseurs, Hawaï police d’état, Aventures dans les îles et surtout “Les mystères de l’Ouest” où il est le créateur du personnage atypique du Docteur Miguelito Loveless. Au cinéma, il est l’auteur de deux scripts : “The screaming skull” d’Alex Nicol (1958) et “Dans les griffes du gang” de Lewis Seiler en 1958. 

Les deux hommes écrivent une histoire assez abracadabrante dont l’action débute en 1945 où dans un music hall, le célèbre illusionniste John Harley Duquesne fait trembler l’assistance en poignardant par deux reprises le corps de sa partenaire et épouse : Mélinda à l’aide d’une épée. Puis, il innove sa nouvelle attraction : l’exécution de Marie Antoinette par la guillotine. 20 ans ont passé et l’excentrique Duquesne vient de mourir. Sa fille Cassie assiste à ses funérailles apprenant par son ancienne gouvernante Dolly, que sa mère avait disparu, il y a bien des années. A l’ouverture du testament, son père a laissé des instructions : afin que Cassie puisse toucher un héritage de 300.000 dollars, elle devra passer sept jours et sept nuits dans l’austère demeure du magicien. Si pour une raison quelconque, elle se rétracterait, le legs serait partagé entre Dolly et Jules Buzzy son ancien imprésario… Voilà un début prometteur nous portant à croire que l’on va assister à des moments de frayeurs. Et bien non, on reste malheureusement sur sa fin, car si le pré générique est macabre, il faudra attendre les dix dernières minutes du film pour savourer quelques instants de frissons. Hormis un squelette suspendu à un fil de nylon qui descend effrayer la jolie Connie Stevens et des bruits de pleurs enregistrés  sur un magnétophone, la continuité de l’histoire donne la part belle  à la romance d’amour entre Connie Stevens et Duan Jones, s’enlisant ainsi dans des dialogues à l’eau de boudin. Il est bien dommage que le rôle donné à César Romero ne soit pas plus consistant alors qu’il figure en tête de générique…

Je dirais tout le bien sur cet immense acteur né le 15 Janvier 1907 (décédé le 1er Janvier 1994) fils de César Julio Romero et Maria Mantilla une chanteuse. Après avoir fait des études secondaires dans le New Jersey, il s’engage volontairement dans la garde côtière des états unis comme marin. C’est en 1933 qu’il joue son premier rôle au cinéma dans le film d’Arthur Hoert : “The shadow laugh”  avec Hal Skelly et Rose Hobart. Sa carrière cinématographique se diversifiera dans des rôles de Prince, de Sultan, de Radja, de Conquistador  mais aussi de méchants garçons. Il a joué aussi le personnage de Cisco Kid dans 6 westerns réalisés entre 1939 et 1941. Il incarnera aussi des personnages de séducteurs auprès de starlettes comme : Phillys Kirk, Barbara Eden, Gisèle Mac Kenzie. A la télévision, il se fait une renommée dans de nombreux shows comme danseur  mais aussi en devenant le personnage illustre du Joker dans la série Batman. Dans “Une guillotine pour deux”, Cesar Romero incarne le mystique illusionniste Duquesne dont l’épouse Melissa a été tuée accidentellement lors de la représentation de  l’exécution de Marie Antoinette. Personnage torturé, névrosé, il est hanté par la mort de sa femme  et vit caché dans une pièce  fermée de sa grandiose demeure qui d’ailleurs servit au tournage du film “My fair Lady” de Georges Cukor tourné la même année. Dans un final des plus sordide, Duquesne prit d’une folie démesurée croit voir en sa fille la réincarnation de  son épouse et tente de renouveler sa représentation diabolique…

C’est l’actrice Connie Stevens née Concette Rosalie Anna Ingoglia, le 8 Août 1938 qui incarne le double rôle de Melissa et de Cassie. Elle est la fille du musicien Peter Ingoglia  plus connu sous le pseudo de Teddy Stevens. Après avoir fait une carrière musicale comme chanteuse  dans le groupe “The fourmost”, elle sort un premier album “Concetta” qui connaîtra un vif succès. Au cinéma son premier rôle sera dans le film “Young and dangerous” de William F. Claxton avec Mark Damon qu’elle retrouvera d’ailleurs dans “The party crashers” en 1958. Elle aura la primeur de jouer aux côtés de Jerry Lewis dans deux films : “Rock-a-bye baby” en 1958 de Frank Tashlin et “Tiens bon la rampe Jerry” de Gordon Douglas en 1966. 

Dans le rôle du journaliste Val Anderson, on retrouve l’acteur Dean Jones (25 Avril 1931 à Alabama – 1er Septembre 2015 à Los Angeles). Il est reconnu pour être la star des films de Walt Disney : “L’espion aux pattes de velours” (1965), “4 bassets pour un danois” (1966) et la série des aventures de “Coccinelle”. De son vrai nom Dean Jones Carrol, il apparaîtra sur le grand écran en 1956  dans “Marqué par la haine” de Robert Wise. Suivront “La femme modèle” de Vincente Minelli en 1957, “Le rock du bagne” (1957) de Richard Thorpe, “La dernière torpille” de Joseph Pevney en 1956, “La proie des vautours” en 1959 de John Sturges.

Au final, “Une guillotine pour deux” se voulait être un hommage aux films de William Castle, mais la sauce ne prend pas avec un scénario qui au début fort prometteur, s’enlise dans une histoire d’amour banale où l’on attend qui se passe quelque chose qui  arrivera durant les dix dernières minutes du film…

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