Ecran de la terreur

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LE RETOUR DE L’ABOMINABLE DR PHIBES -LA CRITIQUE-

Robert Fuest, réalisateur et scénariste anglais (30 Septembre 1927 – 21 Mars 2011) a débuté au cinéma en 1967. On lui doit une version cinématographique adaptée d’après le roman d’Emily Brontë : “Les hauts de Hurlevent” en 1970 avec Timothy Dalton et Anna Caulder. Mais c’est dans le fantastique qu’il s’illustra en réalisant en 1971 le premier opus : “L’abominable Dr Phibes” avec Vincent Price dans le rôle d’un éminent praticien résident le quartier de Londres. Ce dernier voue une haine farouche envers les chirurgiens responsables de la mort de son épouse Victoria et de la destruction de son visage! Assisté par une jeune fille muette, Vulvania, il va se venger en assassinant un par un les notables d’après les 7 plaies de l’ancienne Egypte. Ce film va nous amener à assister à toute une série de morts assez spectaculaires perpétrées par notre ambassadeur qui tout en se délectant de ses oeuvres, joue sur son orgue un hymne à la mort. 

Le deuxième opus n’échappe pas à la règle de la vengeance, puisque Phibes que l’on croyait mort il y plus de trois ans, revient à la vie et constate avec fureur que sa maison a été détruite! Parmi les ruines, il retrouve son coffre où il s’aperçoit que le parchemin sacré permettant de localiser la rivière de l’éternité tout près de la tombe d’un Pharaon égyptien, lui a été dérobé! Le parchemin est entre les mains d’un richissime homme : Biederbeck qui tout comme lui, est à la recherche de l’éternelle jeunesse. Celui-ci organise une expédition archéologique aux confins de l’Egypte. Mais Phibes accompagné de son assistante Vulvania va dès le voyage en mer, exécuter de nouveaux meurtres pour les moins recherchés s’enchaînant ainsi à un rythme effréné : mort par écrasement, par lacération, par morsures, par étouffement… Bref un assortiment d’exécutions les plus raffinées concoctées par un esthète des plus malsain. Vincent Price reprend avec magnificence le rôle du Docteur Phibes dont la voix grave, d’outre tombe dirais-je, sortie d’un amplificateur, donne un zeste macabre à cette épopée sanguinolente… De nouveau assisté par sa complice Vulvania qui apporte une touche à la fois voluptueuse et démoniaque. Cette dernière jouant du violon tandis que son maître se délecte de fruits tout en écoutant les cris d’un de ses suppliciés! 

Le scénario est écrit par Robert et Fuest associé avec Robert Blees (9 Juin 1918 – 31 Janvier 2015) un scénariste producteur qui débute sur le grand écran en 1953 en écrivant le scénario de “The glass web” de Jack Arnold. Dans le fantastique, il est l’auteur de : “The black scorpion” d’Edward Ludwig en 1957, “From earth to the moon” de Byron Haskyn  (1958), “Qui a tué Tante Roo” de Curtis Harrigton (1971), “Frogs” de Georges MacCowan (1972).  Les deux hommes pondent une histoire où les thèmes de l’amour et de la mort et de  l’éternelle jeunesse jaillissent en actes démesurés mettant en exergue les deux protagonistes qui vont se disputer le parchemin sacré! Ici l’action est transposée en Egypte où le scénario prend parfois des tonalités loufoques rendant ainsi la part belle à Vincent Price qui cabotine allègrement ainsi qu’aux agissements de l’inspecteur Trout incarné à nouveau  par l’excellent acteur britannique : Peter Jeffrey. Si Vincent Price illumine de sa splendeur l’écran démoniaque, il est secondé par le non moins légendaire acteur Robert Quarry (Biederbeck) (3 Novembre 1925 – 20 Novembre 2009) un acteur de télévision qui par la suite se fit connaître pour être le légendaire vampire Comte Yorka dans les deux opus mis en scène en 1970 et 1971 par Bob Kelljan. On le retrouvera aux côtés de Vincent Price dans “Mad House” de Jim Clark avec Peter Cushing. Elle remplacera l’actrice Virginia North (L’abominable Dr Phibes) pour le rôle de Vulvania : Valli Kemp (19 Novembre 1950 au Kenya). Ancien mannequin, elle débute à l’âge de 14 ans en apparaissant à la une de plusieurs magazines et en participant à des spots publicitaires télévisés. Après avoir été choisie pour incarner Vulvania, elle quittera le 7ème art pour se consacrer à son hobby : la peinture. Puis elle participera à de nombreux shows musicaux au petit écran. 

C’est l’actrice anglaise Fiona Lewis(28 Septembre 1946) qui interprète la petite amie  de Robert Quarry. On se souviendra d’elle dans son rôle de servante dans le grandiose “Bal des vampires” de Roman Polanski en 1967. Actrice reconnue de la télévision où elle est la guest star dans des feuilletons : “Département S, Jason King, Le saint, Madigan, Alfred Hitchcock présente, Pour l’amour du risque”… Deux rôles assez conséquents : “Liztomania” de Ken Russel en 1975 avec Roger Daltrey et “Furie” de Brian de Palma avec Kirk Douglas en 1978. On retrouve au générique, deux acteurs anglais qui ont contribué  succès de la Hammer Films : Gerald Sim et Louis Friander qui tous les deux sont dans “Dr Jekyll et Sister Hyde” de Roy Ward Baker sorti en 1971.  On remarquera une courte apparition de Peter Cushing dans le rôle du capitaine du bateau. Son également présents Hugh Griffith et Terry Thomas qui apparaissaient dans le premier opus. Milton Reid est aussi dans la distribution en incarnant le serviteur de Robert Quarry. Cet acteur anglais s’illustra dans les films de la Hammer : “Le fascinant capitaine Clegg” et “L’empreinte du Dragon rouge”. 

Au final, “Le retour de l’Abominable Dr Phibes” s’avère intéressant où Price s’en donne à coeur joie dans un rôle qui lui colle à la peau. Les meurtres perpétrés sont particulièrement horrifique notamment celui avec les scorpions. Un troisième opus devait être mis en chantier. Phibes devait combattre un groupe de nazis commandités par le fils du Dr Vesalius (1er opus). Le scénario mettait en valeur le personnage de Victoria qui revenue à la vie se transformait en une dangereuse psychopathe encore plus meurtrière que son mari. Mais le film ne vit jamais le jour, suite à des désaccords entre Vincent Price et les producteurs de l’American International Pictures. Par la suite Robert Fuest qui s’illustra dans plusieurs réalisations d’épisodes de “Chapeau Melon et Bottes de Cuir” (Linda Thorson et Joanna Lumley) réalisera “Les décimales du futur” en 1973 avec John Finch, “La pluie du Diable” (1976) avec John Travolta et Ernest Borgnine.

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